« Parlez-en et brisez le tabou »
Dans chaque classe, deux à trois enfants se sentent souvent ou toujours seuls. Même à l’école primaire. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les chercheurs de l’Institut Verwey-Jonker et de l’Université d’Utrecht, sur commande de Kinderpostzegels. Que pouvons-nous faire ensemble face à cela ?
Être harcelé ou exclu, subir des pressions à l’école, n’avoir personne dans son entourage pour le soutenir inconditionnellement : la solitude est une émotion qui affecte profondément les enfants. Elle nuit à leur bonheur et entraîne des problèmes mentaux et physiques.
C’est ce que révèle une étude de l’Université d’Utrecht et de l’Institut Verwey-Jonker, commandée par Kinderpostzegels. Cette étude combine les connaissances issues de la littérature et d’entretiens avec des experts et des enfants avec des données de plus de 6 000 enfants et jeunes provenant de l’étude « Jong na corona » (Jeunes après le corona) de l’Université d’Utrecht et de l’Institut Trimbos.
Dès le plus jeune âge
Ces dernières années, la solitude chez les jeunes a suscité davantage d’attention. Pour la première fois, une étude plus approfondie a été menée sur la solitude chez un grand groupe représentatif d’enfants en 6e, 7e et 8e année de l’école primaire. La solitude s’avère également être un problème majeur chez eux. Pas moins d’un enfant sur dix se sent souvent, voire toujours, seul. Cela signifie que dans chaque classe de primaire, deux ou trois enfants se sentent seuls. Ces enfants donnent une note de vie nettement inférieure : un 6,6 au lieu du 8,3 avec lequel les autres enfants évaluent leur vie. Parmi les causes importantes, l’étude mentionne le harcèlement (en ligne), la pression scolaire et le manque de soutien dans l’entourage. Souvent, les médias sociaux et les jeux sont également cités comme cause de problèmes chez les enfants et les jeunes. L’étude révèle que les médias sociaux et les jeux peuvent être problématiques pour certains enfants, mais peuvent aussi aider d’autres enfants à lutter contre la solitude.
« La solitude est un sentiment de vide à l’intérieur. Que personne ne te voie et ne te parle, comme si tu n’existais pas. » Luna (10 ans)
Conséquences graves
La solitude prolongée a souvent des conséquences profondes, aujourd’hui et plus tard. La solitude peut entraîner des problèmes mentaux, tels que l’anxiété, la dépression et une faible estime de soi. La solitude entraîne également régulièrement des problèmes à l’école. Les relations avec les pairs et les enseignants peuvent se détériorer, tout comme les résultats scolaires. De plus, la solitude a souvent des conséquences physiques. Les enfants qui se sentent seuls dorment moins bien, par exemple, et consultent plus souvent le médecin.
Sofie Vriends, directrice-gérante de Kinderpostzegels, est choquée par l’ampleur et la gravité du problème. « Que tant de jeunes enfants se sentent seuls est très préoccupant. Surtout parce que nous connaissons déjà les conséquences à long terme. La solitude sape les bases solides dont chaque enfant a besoin. Et cela peut avoir un impact toute une vie. »

Recommandations
Que pouvons-nous faire ensemble pour lutter contre la solitude ? Les chercheurs formulent des recommandations à ce sujet, en consultation avec des experts et les enfants eux-mêmes.
En premier lieu, il est important que les adultes – parents, tuteurs et professionnels comme les enseignants – soient conscients du problème et en apprennent davantage. Il est important, par exemple, de comprendre que la solitude n’est pas toujours visible. Un enfant qui est souvent seul ne se sent pas nécessairement seul. Et un enfant qui semble avoir beaucoup d’amis peut être seul.
De plus : la solitude ne se résout pas uniquement en se concentrant sur l’aide individuelle. Il est préférable de considérer la solitude comme une affaire collective. Il s’agit après tout de l’interaction entre les personnes : se voir, accepter les différences. Un climat de classe positif est un bon exemple de la façon dont la dynamique de groupe peut contribuer à réduire la solitude.
Enfin, le tabou autour de la solitude doit être brisé. En en parlant, à la maison et à l’école. Et en aidant les adultes et les enfants à le faire.

Que fait Kinderpostzegels ?
En tant que commanditaire de l’étude, Kinderpostzegels examine également ce qu’elle peut faire en tant qu’organisation contre la solitude. Sofie Vriends : « Il est bon que nous ayons maintenant des chiffres concrets sur ce sujet important et spécifiquement pour cet âge. La solitude a toujours été un thème important pour nous. Par exemple, de nombreux projets visent à créer des réseaux autour des enfants. Pensez au projet Mockingbird, où les familles d’accueil et les enfants reçoivent un large soutien. Ou à Playing for Success, où les enfants renforcent leur confiance en groupe. Grâce à nos différents projets de jumelage, nous veillons également à ce que les enfants ne soient pas seuls. »
Selon Sofie Vriends, l’étude souligne également l’urgence d’accorder beaucoup plus d’attention à la solitude chez les enfants. « Kinderpostzegels va mettre en œuvre la recommandation de briser le tabou autour de la solitude. En parler, dès le plus jeune âge, à la maison et à l’école, est extrêmement important. Nous voulons aider les enfants, les parents et les enseignants à le faire. Kinderpostzegels rejoint également la Coalition Nationale contre la Solitude. Ainsi, nous pouvons attirer l’attention sur la solitude chez les enfants et travailler ensemble à des solutions. »
